Cyberattaques, propagande et trollage – un risque pour les élections

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Ukraine : élection et risques de cyberattaques

Cyberattaques et propagande russe sur les réseaux sociaux pourraient perturber le premier tour de l'élection présidentielle en Ukraine. Entrevue avec le spécialiste en sécurité informatique, Benoît Gagnon.

Posted by RDI Matin on Sunday, March 31, 2019

En pleine période électorale, les autorités ukrainiennes craignent que des cyberattaques et de la propagande russe sur les réseaux sociaux perturbent le premier tour de l’élection présidentielle. Benoît Gagnon, Vice-président T.I. et services-conseils chez Commissionnaires, s’intéresse à la question dans une entrevue avec Caroline Lacroix à RDI Matin.

Depuis 2014, l’Ukraine vit différentes problématiques en lien avec Internet, notamment des cyberattaques directes ainsi que l’utilisation de masse de trolls contre des personnalités publiques, dont des gens des médias qui sont particulièrement visés par des campagnes de trollage et de désinformation.

Selon notre expert, cela fait partie du paysage actuel de l’Ukraine et ce n’est pas près de s’arrêter. En effet, dans les dernières années, plusieurs attaques directes contre des infrastructures importantes ont été menées, notamment une attaque visant les infrastructures électriques qui a plongé 250 000 foyers dans le noir durant plusieurs heures. Il y a également eu une attaque de masse qui a engendré des dommages de plusieurs milliards de dollars.

Pour ce qui est des élections, la Commission centrale des élections est extrêmement inquiète face à la situation et demeure aux aguets. De leur côté, les autorités ukrainiennes ont affirmé s’être préparées pour faire face à cette nouvelle réalité et avoir mis leurs meilleurs agents sur le dossier.

Selon un responsable ukrainien, la désinformation est un véritable fléau pour lequel ils n’ont pas encore de solution. Benoit Gagnon est d’accord avec le fait qu’il s’agit d’un problème majeur, qui passe beaucoup par les réseaux sociaux, notamment par Facebook, qui n’agit pas pour régler la situation.

Mark Zuckerberg a d’ailleurs écrit une lettre ouverte récemment, qui questionne cette situation et qui réclame l’aide des gouvernements, affirmant que Facebook ne sera pas en mesure de régler seul cette situation. Notre expert abonde en ce sens, car il croit que ce phénomène nécessite une réflexion globale impliquant les compagnies, mais également les gouvernements. De leur côté, les gouvernements demeurent prudents car ils ne veulent pas agir trop drastiquement et faire de la censure.

Par ailleurs, ce phénomène présente un autre défi majeur, qui rend son éradication extrêmement difficile, soit celui de la prévention. En effet, il est difficile, voire impossible, d’anticiper les actions des gens et de les arrêter avant qu’ils ne commentent de gestes nuisibles. Il faut qu’ils aient déjà agi pour que les autorités puissent les identifier et faire une enquête, et étant donné l’instantanéité d’Internet, l’information s’est déjà répandue.

Il s’agit d’une nouvelle réalité mondiale, dont le Canada ne sera pas épargné et face à laquelle les grandes entreprises telles que Facebook et Twitter ne sont pas nécessairement outillées et ne possèdent par l’expertise utile pour agir et mener des enquêtes aussi pointues et délicates. C’est là qu’entrent en jeu des partenaires spécialisés sur les questions de cybersécurité et de cyberattaques, comme Commissionnaires du Québec.