La sécurité à l’ère des robots

Plus tôt cet été, nous avons diffusé sur la page Facebook de Commissionnaires, une petite nouvelle concernant un robot dénommé K5 qui faisait office d’agent de sécurité dans un centre commercial américain. L’aspect cocasse de cette nouvelle était sa conclusion alors qu’on annonçait que le fameux robot « avait mis fin à ses jours en se lançant dans une fontaine ». Radio-Canada a réalisé une petite vidéo sur le sujet.

Le robot de sécurité autonomes K5, fabriqué par l’entreprise californienne Knightscope, est capable de filmer à 360 degrés, de détecter la présence d’éléments indésirables dans un rayon d’action donné, d’avertir une équipe de sécurité (humaine) en temps réel et être éventuellement capable d’identifier une arme à feu.

Cette firme n’est pas la seule à tester la commercialisation d’un robot de sécurité autonome dédié à la surveillance de quartiers résidentiels, de centres commerciaux, d’entrepôts et de bureaux. Les clients potentiels sont nombreux et pour un large éventail d’utilisations ! Dernièrement, la police de Dubaï a mis en service un officier robot appelé à représenter le quart de ses effectifs d’ici 2030.

Doit-on craindre que le job d’agent de sécurité disparaisse ?

Certainement pas, du moins à ce stade-ci, car bien que des robots comme K5, semblent assez évolués pour remplacer un veilleur ou une vigile mais demeurent assez limités comme monter ou descendre des escaliers. Fruit des avancées de la recherche en intelligence artificielle, le robot autonome, tout comme la voiture autonome, les objets connectés, les drones, et toutes les technologies biométriques, suscite un débat fondamental sur les impacts positifs et négatifs de ce genre d’innovations sur l’humanité.

Devrions-nous alors nous inquiéter de l’évolution rapide de l’intelligence artificielle comme l’affirme L’Express dans son édition de juin ?

Pour Joëlle Pineau, professeure associée à l’École d’informatique de l’Université McGill, on ne voit souvent que l’aspect « épeurant » de la technologie alors que dans les faits, les progrès de, l’intelligence artificielle peut apporter énormément de bénéfices. Montréal est d’ailleurs une plaque tournante dans ce domaine et c’est pourquoi Facebook a décidé d’installer dans la métropole, son laboratoire de recherche en intelligence artificielle et c’est Mme Pineau qui va le diriger.

Selon les chercheurs en intelligence artificielle, l’avènement du Cloud (infonuage) et sa puissance de calcul combiné au formidable potentiel d’analyse du Big Data permet aux ordinateurs de se mettre en mode « apprentissage automatique » (Machine Learning) pour trier et donner du sens à une masse de données comme le ferait notre cerveau. Les ordinateurs délivrent désormais des informations enrichies et contextualisées avec pour objectif d’aider l’humain à prendre les meilleures décisions, voire à se substituer à lui.[i]

Lintelligence artificielle au service de la cybersécurité

À moyen terme, c’est le domaine de la cybersécurité qui profitera le plus de l’évolution de l’intelligence artificielle, parce qu’elle permet aux ordinateurs de devenir « pensant », c’est-à-dire qu’ils peuvent apprendre à concevoir par eux même des pare-feu sur mesure et ainsi détecter et corriger les failles de sécurité avant qu’elles soient une menace. L’humain va continuer de jouer un rôle essentiel, mais qui évoluera davantage vers la sélection, la mise en œuvre et la gestion des opérations commerciales liées aux technologies de l’information. L’intelligence humaine reste en outre toujours la mieux outillée pour la recherche de solutions contre les cybermenaces et ce, avant une détection par les machines. Mais pour lutter à armes égales contre la cybercriminalité de plus en plus sophistiquée, l’apport de la recherche et les innovations en intelligence artificielle demeurent incontournables.

[i] https://technologies.lesechos.fr/dossiers/machine-learning-intelligence-artificielle-quand-la-machine-fait-preuve-d-initiative_f-88.html