La force comme dernier recours

Marc Demers

Gestionnaire de formation

Au cours des dernières années, la sécurité privée a connu une expansion substantielle qui a engendré une diversification considérable des fonctions des agents de sécurité. Ceux-ci sont, entre autres, amenés plus fréquemment à recourir à l’arrestation et même à la force pour se défendre et défendre les personnes et les biens dont ils ont la responsabilité. Dans ce contexte, il est primordial pour eux d’apprendre à faire un usage approprié de la force selon la situation qui prévaut. Le Centre de formation de Commissionnaires – division du Québec innove en cette matière en offrant une toute nouvelle formation qui s’adresse à tous les agents de sécurité. Dédiée aux principes relatifs à l’emploi de la force, la formation sur l’emploi de la force est d’une durée de 32 heures et comprend trois niveaux:

Niveau 1 : aspect légal, communication tactique, positionnement, évaluation de la dangerosité dans les situations d’agression physique, technique légère à mains nues ;

Niveau 2 : gestion de crise, contrôle articulaire, points de pression et mises en situation ;

Niveau 3 : utilisation du bâton télescopique, techniques de menottage et validation des acquis des niveaux 1 et 2.

Offerte par des instructeurs chevronnés issus du milieu policier et de l’école nationale de police du Québec, la formation sur l’emploi de la force respecte le cadre national de l’usage de la force appliqué par les policiers. C’est ce cadre qui guide les agents de sécurité dans la façon d’intervenir. L’agent de sécurité est ainsi autorisé à appliquer la loi, soit l’article 25 du Code criminel selon lequel un agent de sécurité peut faire usage de la force (comme les citoyens) s’il a raison de croire que c’est nécessaire. Or, l’article 26 du Code criminel stipule qu’il est criminellement responsable pour l’usage de la force excessive ou injustifiée.

Selon Marc Demers, gestionnaire de la formation pour Commissionnaires – division du Québec, un agent de sécurité doit avoir recours à la force comme dernier recours.

« L’agent doit être en mesure d’identifier le problème et d’ajuster son intervention en tenant compte de divers facteurs, dont sa propre sécurité. Il doit notamment reconnaître les signes avant-coureurs d’une personne violente ou en crise ou d’un individu qui présente comportements de perturbations mentales. En situation de conflit, un des enjeux majeurs est le contact initial. Il est essentiel que l’agent adopte une approche empreinte de respect et de tact envers la personne auprès de laquelle il doit intervenir », précise M. Demers, qui a également servi au sein des Forces armées canadiennes à titre de policier militaire.

De plus, le maintien d’une bonne collaboration avec les partenaires, notamment les services de police, est essentiel. « L’agent doit maintenir un réseau de communication efficace dans l’éventualité où la situation nécessiterait l’intervention des policiers. Finalement, une fois que la situation est revenue à la normale, l’agent doit faire un récapitulatif de l’événement : analyser les actions qui ont été prises, ce qui a été dit et ce qui aurait pu être fait différemment dans la façon d’intervenir, » explique M. Demers.

Une formation appropriée et la capacité de garder son sang-froid sont donc des atouts de taille pour les agents de sécurité qui, très souvent, agissent comme premiers intervenants.

Pour plus d’information sur la formation sur l’emploi de la force, communiquez avec le centre de formation de Commissionnaires (514) 273-8578 poste 253 ou 255.