Des professionnels du cinéma et des prêtres devront montrer patte blanche !

Au début du mois d’août, les employés de l’Office national du cinéma (ONF) ont été avisés qu’ils seront désormais soumis à un processus de filtrage de sécurité qui implique la prise d’empreintes digitales et la vérification des antécédents judiciaires. Selon le journal Le Devoir, qu’ils soient directeurs, employés, collaborateurs ou pigistes, ils ont jusqu’au mois d’octobre 2017 pour se soumettre à cette nouvelle procédure de filtrage qui impliquera dans certains cas, la vérification du dossier de crédit.

Plus tôt cet été, ce sont les archidiocèses catholiques de Sherbrooke et de Montréal qui ont annoncé que les antécédents judiciaires des prêtres, des employés laïques et des bénévoles seront systématiquement vérifiés, ce qui implique de fournir leurs empreintes digitales. Quant aux prêtres, ils devront observer un code d’éthique strict qui leur interdira dorénavant de se retrouver seuls avec des enfants.

Dans le cas des employés de l’ONF, cette mesure découle de la politique du Conseil du trésor sur le filtrage de sécurité dévoilée en 2014 et qui a été imposée à tous les ministères fédéraux et à près de 80 organismes relevant du gouvernement fédéral (voir l’infolettre d’avril 2017). En tout, plus de 250 000 membres de la fonction publique fédérale sont concernés par cette mesure qui a pour objectif de prévenir les menaces à la sécurité du Canada.

En ce qui concerne les prêtres et employés des archidiocèses de Sherbrooke et Montréal, les enquêtes de sécurité s’inscrivent dans une volonté collective de prévenir les abus envers les personnes vulnérables que sont les enfants, les aînés ou les personnes malades. De nombreux secteurs sont d’ailleurs obligés, par la loi, de procéder à la vérification des antécédents judiciaires de leurs ressources humaines. C’est le cas des résidences pour aînés, des garderies et des entreprises de taxi notamment. Ce resserrement des politiques d’embauche et de recrutement des bénévoles devient de plus en plus la norme même si ce n’est pas nécessairement obligatoire en ce qui concerne le mouvement scout, les associations sportives et communautaires ou de volontariat religieux.

En 1998, le gouvernement fédéral a établi un système de filtrage national via les banques de données du Centre d’information de la police canadienne (CIPC) qui est géré par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour l’ensemble des services policiers du pays. Les entreprises privées de sécurité comme Commissionnaires du Québec ont aussi le pouvoir de procéder à la prise d’empreintes digitales et à la vérification des antécédents judiciaires et financiers.

Ceci dit, il restera toujours des cas de figure qui démontrent que la pratique n’est pas encore uniforme partout, notamment dans des entreprises transnationales pratiquant l’économie de partage comme UBER qui emploie des chauffeurs « autonomes » et comme nous le démontre ce fait divers fort médiatisé en mai dernier concernant le bénévolat réalisé par une des criminelles les plus connues au Canada, Karla Homolka.

 

Les agents de Commissionnaires sont responsables de la prise des empreintes digitales